Solidaires contre le fascisme !

Tous ceux qui pensent que fascistes et antifascistes, c’est bonnet blanc et blanc bonnet, feraient mieux d’ouvrir un livre d’histoire.

Alors que des nazis défilent, bras tendu, dans une ville allemande et lancent une véritable chasse aux réfugiés, alors que la police semble débordée par les évènements, alors que la plus grande partie de la classe politique allemande et européenne est aphone, il faut être particulièrement irresponsable pour mettre fascistes et antifascistes dans le même panier, comme le font le quotidien BILD et le FDP berlinois dans leur tweet Antifaschisten sind auch Faschisten. Il s’agit là non seulement d’une manœuvre politique pernicieuse visant à légitimer des idées droitières, mais également d’un véritable affront à l’égard de toutes les victimes de la violence d’extrême-droite et de tous ceux qui tentent de s’opposer à cette violence. Que tous ceux qui pensent que fascistes et antifascistes, c’est la même rouvrent leurs livres d’histoire où, mieux encore, aillent visiter le Musée de la Résistance ou un camp de concentration ! Le fait même que des organes de presse et des partis politiques établis cherchent à discréditer les mouvements antifascistes est, au-delà de la perfidie, le signe d’un échec moral patent. Et que ni les gouvernements, ni la société civile ne réagissent face à cet amalgame honteux est une preuve supplémentaire que les classes dirigeantes actuelles sont impuissantes face à la dérive droitière que l’on constate actuellement partout en Europe. Et cette impuissance ne fait qu’accentuer l’apathie cynique dans laquelle sombrent de larges parties de la population. Un changement politique radical s’impose dès lors !

Ce phénomène n’épargne pas le Luxembourg. Ainsi, Tom Weidig, président de « Wee 2050 » et candidat sur les listes de l’ADR aux élections d’octobre, a relativisé les crimes nazis sur internet, pris la défense d’un négationniste et jugé valable l’utilisation du terme de « race » en parlant du genre humain. Et lorsque le bloggeur Maxime Weber a révélé l’affaire, « Wee 2050 » a cherché a discréditer ce dernier en le traitant de terroriste d’extrême-gauche. Tom Weidig de son côté n’a pas été rayé des listes de l’ADR et, après un bref émoi politico-médiatique, plus personne ne parle de l’affaire. Il est effrayant de constater qu’une telle attitude est de plus en plus tolérée dans notre société.

Les rares à s’opposer clairement aux fascisme, partout en Europe sont les Antifa. Il est vrai que le mouvement Antifa est contesté, également par une partie de la gauche. Mais une appréciation globale est difficile, car il n’existe pas de mouvement Antifa homogène, mais il s’agit d’associations très diverses et indépendantes les uns des autres. Et même si, comme moi, on n’approuve pas toujours l’utilisation de la violence par certains de ces groupes, il faut bien avoir présent qui se trouve en face : Des groupes neonazis, bien structurés et disposant de réseaux efficaces qui n’ont aucun scrupule à utiliser la violence, qui la glorifient même, tout comme ils glorifient l’un des plus gands crimes contre l’humanité et qui souhaitent un retour à une barbarie similaire.

En ces temps où le monde politique peine à freiner cette dérive vers la droite extrême de nos sociétés, les Antifa qui risquent leur santé et leur vie (comme Clément Méric dont les meurtriers sont jugés en ce moment) dans le combat contre le danger nazi ont mérité notre soutien et notre solidarité.

Libre à ceux qui n’approuvent pas leurs méthodes de descendre eux-mêmes dans la rue et de s’opposer à leur façon à la haine fasciste. Mais si on n’en a pas toujours le courage – ce qui est parfaitement compréhensible – il convient au moins de soutenir ceux qui osent.

Siamo tutti antifascisti !

(Link zur lëtzebuergescher Versioun vum Artikel)