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Demain

Demain tout est pareil. Demain est comme hier et avant-hier, comme la semaine passée et la prochaine. Mais qu’est-ce qui est pour l’autre demain ? Le demain futur, celui d’après. Après le virus, après la crise, après… Après : une notion de souvenirs passés en relation avec le désir de pouvoir vivre après comme avant. Mais est-ce cela que nous voulons ?

 

Est-ce que cette crise pourrait être l’opportunité de pouvoir restructurer, remodeler notre société pour un futur adapté aux exigences du XXIème siècle ? Ou est-ce que nous voulons revivre chaque décennie une crise profonde qui nous témoigne de la fragilité du système capitaliste globalisé ? Tôt ou tard ce système s’effondra car ce type de capitalisme est si fragile que chaque crise nécessite une aide des Etats qui essaient de réanimer une personne trop fragile pour perdurer. Les Etats font comme avant jusqu’à la prochaine crise et entretemps ce sont les plus fragiles de la société qui en payent les conséquences. N’est-ce pas le temps, maintenant, de diminuer l’écart entre riches et pauvres. N’est-ce pas le temps, maintenant, de prendre au sérieux l’urgence climatique. Les Etats ont été très réactifs afin prendre les mesures adéquates pour protéger les citoyens et s’occupent très intensément afin de pouvoir relancer l’économie pour l’après. Pourquoi l’urgence climatique n’est-elle pas traitée de la même manière ? Elle aussi est une crise, un virus qui se propage, moins visible et aussi mortel. La capacité des Etats de changer une société est donnée. Cependant, la volonté est absente.

 

Cette crise planétaire du Covid-19 touche chaque individu mais pas de la même manière. L’écart entre les différentes couches sociales augmente et ne cessera pas d’augmenter avec cette crise. Au contraire, elle accéléra ce processus et c’est pour cette raison qu’il faut d’autant plus investir dans le système social. Les inégalités se feront sentir au niveau du logement, de l’éducation, du travail et de la santé. Il faut revaloriser les métiers qui contribuent au bon fonctionnement de la société en temps de crise. Que ce soit au niveau salarial ou au niveau d’équipement professionnel et de quantité de main d’œuvre, afin de garantir un état sain physique et psychique des personnes concernées. Il est beau d’applaudir pour les soignant·s·es mais ce n’est pas pour cette raison qu’ils·elles pourront mieux dormir le soir. A cela s’ajoute que la majorité de ces personnes sont du genre féminin ce qui remettrait à l’ordre du jour le débat de l’égalité salariale devant ses pendant masculin.

 

Après cette crise, nous aurons deux choix ; soit on change en mieux, soit on reste avec le status quo et la situation s’empirera toute seule. Le monde de demain sera la conséquence de nos choix d’aujourd’hui.

 

Fabio Da Re 22/04/2020